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Institut Charles Baudouin - "Le Malêtre": un résumé introductif

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"Le Malêtre": un résumé introductif
26-03-2013

René KAËS: Le malêtre


René Kaës vient de publier "Le Malêtre" (Dunod, Paris, 2012 ISBN 978-2-10-058182-5). Apèrs lecture, Thierry FRELECHOZ propose à votre attention, en guise de mise en bouche, ce résumé introductif......

 

Le malêtre nous dit autre chose que le malaise : que désormais nous sommes en train de vivre un ébranlement qui atteint plus radicalement notre possibilité d’être au monde avec les autres et notre capacité d’exister pour notre propre fin ; cet ébranlement interroge les dimensions écologiques et anthropologiques de ces mutations. L’être défaille avec ce qui le soutient. Ce malêtre dans l’humanité de l’homme, dans une large aire de l’humanité, produit à la fois cette imprégnation sombre et mélancolique qui s’empare des esprits et des corps, des liens intersubjectifs et des structures sociales, et cette culture de l’excès maniaque et omnipotent.

Ce qui fait le malêtre ordinaire, c’est l’effacement progressif du sujet, l’absence de répondant à nos questions sur ce que nous sommes et devenons, la disparition du répondant humain aux demandes que nous formulons à des appareils administratifs, les micro-traumas de la vie quotidienne que les rêves ne réparent plus et que les fictions des médias le font qu’endormir, ce sont les grands traumatismes qui ont troué l’histoire, les liens entre les générations, la confiance dans l’humanité. C’est la peur, l’insécurité, la muette angoisse et la violence, l’impensable et l’impensé de ces expériences, enfouies par le déni, isolées par le clivage, recouvertes par les rires mécaniques et les danses maniaques au bord des volcans et des centrales nucléaires. Ce sont les précarités et les détresses créées par les exils, les mouvements migratoires, l’exclusion, e chômage, les déracinements. C’est l’incertitude sur le présent, la défiance vis-à-vis des transmissions qui n’engendrent pas d’avenir ou au traire l’exaltation bornée des fondamentalismes, l’extrême et fragile dépendance aux objets techniques, aux urgences, aux liens éphémères, etc., chacun peut en dresser la liste.

Ce Malêtre est un défi pour la psychanalyse, et même un triple défi.Le premier concerne la capacité de la psychanalyse de prendre en considération ses propres changements, ses propres découvertes sous l’effet de la clinique et de ses relations avec les disciplines qui lui sont nécessaires pour confronter ses acquisitions et pour renouveler ses propres modèles.
Le second défi confronte la psychanalyse à assumer les effets de ces transformations et de l’extension de son champ pour penser une nouvelle fois sa pratique, sa méthode, les élaborations théoriques qu’elles autorisent et ses dispositifs de formation.
Le troisième est le risque que les psychanalystes sont capables de prendre lorsque, la vie psychique étant menacée du dehors comme du dedans, ils engagent leur expérience et leur voix dans le débat public. 
 
Ce qui est possible -et qui se distingue du volontarisme- c’est de faire un état des lieux et de penser les processus qui fabriquent nos désaccordements d’aujourd’hui avec nous-mêmes, avec les autres, avec le monde ; c’est de scruter les conditions qui rétablissent un processus créatif.

Si le réel s’impose comme une nécessité, notre rapport au réel n’est pas entièrement soumis à la force du destin que nous lui attribuons : nous posons d’une marge de création qui trouve ses ressources devant la nécessité. Elle consiste dans nos capacités de transformer ce qui s’impose sans le nier, c’est le travail de symbolisation et le travail de culture. Pour  autant que nous trouvions et préservions « un lieu où mettre ce que nous créons ».

Assurément, le travail de la culture est une nécessité vitale pour chacun d’entre nous  et pour le maintien des institutions dont nous avons besoin pour vivre ensemble. J’ai appris que le travail de culture est un effort incessant. Mais que son résultat n’est jamais acquis. Ce fut un scandale au regard de la croyance qu’il suffirait à nous assurer dans notre capacité de nous sortir d’affaire, de découvrir que ce travail ne garantit en rien contre la barbarie, contre le mal radical dont parle Kant.

Soit, mais la psychanalyse ne peut pas rester muette sur les limites qu’elle se donne alors que les questions auxquelles sont exposés les analystes et les analysants dépassent les limites de l’espace intrapsychique, et imposent une extension de sa pensée au relations entre cet espace et ceux qui l’encadrent.
 
Thierry FRELECHOZ
 
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