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Au fil de la route, où Fragments d'une vélosophie...
02-10-2011

 

L'un fait du vélo de route, au point de venir de Belgique à Aix-les-Bains par ce moyen, l'autre du VTT... De leur échange naît l'idée d'un texte. Chacun se prend au jeu, et les plumes se mêlent, finissant par donnant un texte rythmé par l'effort au long cours du vélo de route et celui, plus fractionné, du VTT. ... C'est le résultat partiel (le texte était trop long pour être publié en totalité!) de cette rencontre que nous vous proposons ici, en nous disant qu'après tout, Charles BAUDOUIN a bien écrit des carnets de voyages... 



 

Au fil de la route, où Fragments d'une vélosophie...

 

... Rouler jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien d’autre que cet équilibre généré par mes propres mouvements. Comme si j’étais, là, sur le fil de la vie ,suspendu au dessus d’un abysse, celui au fond duquel pulse le vivant . Une transparence, alors, me traverse, et je retrouve en moi le ciel et la terre désormais unis...

...Vélo de cristal, celui de l’altitude, de midi, du sec et du soleil , celui du ciel bleu, des criquets, du vent… Celui de la joie illuminée de chaleur, celui de Bordeaux Paris dans les vastes campagnes, et qui nous nourrit autant qu’on lui donne notre enthousiasme et notre espérance. L’espérance du but, de l’arrivée, de la réalisation…. Vélosophie de jour, toute aérienne et lumineuse...

...Vélo de plomb, celui de la nuit, de la pluie et de la faim. Celui de l’errance aux volets fermés, celui des chemins étroits et solitaire, de la pluie, du froid, de l’obscurité totale… celui qui nous replie tout au fond de nous même et qui nous rassasie de cette lumière chaude , rougeoyante, miraculeusement bienfaisante de notre vie interne , de notre soleil intime, de notre inébranlable espérance, encore, et de notre amour infini , toujours imprégné de gratitude et d’un désir d’élégance et de force...

... Onze heures du soir, si longtemps que je roule, l'orée d'un bois, deux chiens: ils m’escortent de leurs grognements menaçants, augurant d'une dévoration définitive et sanglante, triste fin, sans possibilité du moindre cri ni du moindre secours… Frayeur de quelques secondes, les deux chiens cessent la poursuite une fois hors de leur territoire, sans doute… Je reste haletant, encore dans l’imagerie du probable carnage….

... Le lendemain, un arbre séculaire: il abrite dans les plis de son écorce généreuse une vierge, un banc, quelques fleurs... Lieu d'accueil pour le promeneur philosophe ou mystique, lieu de réparation de mes angoisses nocturnes, lieu d’encouragement et de promesse…

... Moments de puissance dans le peloton, aspiré par le groupe, porté par le bruit des roues et le silence  des corps en mouvements, qui poussent et qui nous emportent malgré nous là où les chevaux galopent , là où la compacité du muscle se transforme en expérience de force, de jubilation et d’intemporalité. Le temps est suspendu par le vol au-dessus de la lourdeur, au dessus de l’immobilisme, au dessus d’un quotidien désormais lointain, et le mouvement des jambes devient une sorte d’existence, comme un absolu , comme la flèche qui se met à penser, consciente d’elle-même, émerveillée .

... Des villes étrangères à traverser, où la moindre erreur cartographique se paye d'heures perdues, à chercher dans l'effort la bonne direction, la bonne route,  la bonne destination avec la ferme détermination de ne pas se tromper... Ciseler au scalpel l’intelligence et l’intuition indispensables pour s’orienter avec justesse et aisance dans l’univers inconnu de la réalité… Rouler, continuer… ne pas s’arrêter trop longtemps... En roulant sans m’arrêter je rejoins quelques heures, quelques jours, cette réalité divine de la Vie toujours présente… Dans ces moments de grâce, je rejoins le principe même du vivant, j’en fais l’expérience concrète, perméée par le miracle de la vie.

De ce point de vie, de ce mouvement régulier et imperturbable, infatigable, rayonnent les interdépendances, les fils, les liens, avec tout point à partir duquel démarre quelque chose… Un point où se concentrent les énergies pour se réorganiser en harmonie avec la citoyenneté, au diapason du monde en quelque sorte, du monde humain certainement, mais d’un monde humain lui-même en lien avec la nature profonde et la justesse… Paradoxe, cette solitude me relie à tout le fondement de notre existence de créature vivante… cette vulnérabilité, elle aussi me fait entendre, me fait toucher du doigt quelque chose comme notre fondamentale citoyenneté et ses résonances infinies dans nos destinées parfois aveugles et trop enfermées dans de fausses urgences , de faux conflits, de fausses valeurs.


Marc DECUYPER et Claude VERGOZ (novembre 2010- octobre 2011)
 
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